Films

Projet collectif AGRO

Raconter le terroir, un territoire à la fois

C’est dans le cadre de la programmation en plein air du festival que Québec Exquis! dévoilera son projet cinématographique collectif exploratoire nommé AGRO, en collaboration avec Spira. Trois cinéastes d’ici ont été mandatés pour poser un regard inédit sur le paysage agroalimentaire de la Capitale-Nationale, et ce, sous forme de court-métrage documentaire. Leur constat commun? Que le terroir ne manque pas d’histoires à raconter, de visages à faire découvrir et de voix à faire entendre.

« Le cinéma et l’alimentation sont deux créateurs de bonheur », déclare d’emblée Claudine Thériault, directrice artistique chez Spira, une coopérative dédiée au cinéma indépendant québécois, afin d’expliquer l’idée derrière ce projet. « On a choisi les trois réalisateurs, Catherine Leblanc, Marc-Alexandre Dulude et Claudia Kedney-Bolduc, pour leur sensibilité au thème agroalimentaire dans leur démarche artistique personnelle et leur amour pour chacun des territoires proposés. »

Claudine Thériault affirme que les trois films se visionnent bien indépendamment, mais lorsque regardés l’un à la suite de l’autre, on y découvrira un beau panorama du monde agroalimentaire de la région de la Capitale-Nationale.

Brèves rencontres avec les réalisateurs

La cinéaste et réalisatrice d’expérience Catherine Leblanc a eu la tâche de raconter le territoire de Portneuf. Elle a choisi de donner le titre Passage à son court-métrage, résumant ainsi le sentiment commun qu’ont les agriculteurs, qui se sentent de passage sur leur terre. « Ils voient leur travail comme un leg, non seulement pour leur prochaine génération à eux, mais pour tout le monde », explique celle qui a un attachement particulier aux thèmes du terroir et de l’agroalimentaire, ayant auparavant réalisé les œuvres documentaires De par chez nous ainsi que La nature se révolte.

Elle s’est donc attardée au travail que font la Ferme d’Achille, qui propose des produits biologiques à base d’argousier, la Ferme ancestrale Germain, spécialisée en viande bovine ainsi que la Fromagerie des Grondines, qui commercialise des fromages au lait cru biologiques.

« La culture et l’alimentation sont deux éléments de notre identité à protéger coute que coute. Ça nous nourrit le ventre, l’âme et le cœur », a-t-elle conclu au terme de son travail.

Marc-Alexandre Dulude s’est quant à lui penché sur le territoire de Charlevoix, un lieu qu’il connaissait un peu déjà et qu’il s’était toujours promis d’explorer plus en profondeur lorsque l’occasion se présenterait.

« Le locavorisme a vraiment été le dénominateur commun des producteurs rencontrés », explique le jeune cinéaste qui a eu la chance de faire le tour des installations des Viandes bio de Charlevoix, de la Famille Migneron de Charlevoix ainsi que de la Cidrerie et Vergers Pedneault. « Ils produisent tous de la qualité plutôt que de la quantité et ont un fort esprit de communauté et d’entraide. C’était beau à voir. »

De son côté, Claudia Kedney-Bolduc a voulu faire rayonner des femmes productrices, souvent les grandes oubliées de ce monde majoritairement masculin. C’est sur le territoire mi-urbain, mi-campagnard de l’île Orléans et de la Ville de Québec qu’elle a rencontré ses interviewées, dont les filles
de Cassis Monna et Filles et de Chapeau! les Bois.

« Le thème de mes films est toujours la femme s’illustrant dans les métiers non-traditionnellement féminins… ce qui me ressemble totalement », admet la cinéaste, à qui on doit les documentaires Ice Paths et Footsteps, tous deux racontant des parcours féminins atypiques.
Selon elle, le monde agroalimentaire est très visuel et le documentaire lui a permis de montrer la réalité des gens et de donner une voix à celles qu’on entend rarement.

En plus des diffusions en plein air, les trois films seront disponibles pour un visionnement « à domicile » à tous les festivaliers qui auront participé au festival en soutenant un restaurateur. Une combinaison exquise avec le spectacle Le 360.