L’accord Exquis avec les vins de Bordeaux

Les vins de Bordeaux, plus verts que jamais

Une délicieuse façon d’être plus écoresponsable est de choisir une bouteille de vin issue d’une production plus durable. En effet, l’industrie viticole française travaille fort à rendre sa production de vin plus consciencieuse de la nature, de la vigne au chai, en passant par l’embouteillage et le transport. Bordeaux, grande ville portuaire de la région Aquitaine dans le sud-ouest de la France, est pionnière en la matière. Tour d’horizon de ses vins plus verts que rouges.

« Partout en France, il y a une prise de conscience au sujet de la protection de l’environnement », admet d’emblée Cécile Ha du Conseil interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), un organisme qui représente les filières des vins de Bordeaux.

Les vignerons de Bordeaux se sont donc attardés aux multiples facettes du développement durable pour rendre leur production plus verte. Et l’effort est impressionnant : en 2021, 75% du vignoble bordelais était certifié par une démarche environnementale – que ce soit en viticulture biologique, en haute valeur environnementale, en terra vitis ou en biodynamie – alors qu’en 2014, ce n’était que 35% du territoire.

Des actions concrètes

Le vignoble de Bordeaux est très fort sur l’agroforesterie, cette pratique qui vise à planter des arbres et des plantes autour des terres agricoles, ici les vignes, afin d’aider à la biodiversité et à l’équilibre naturel des écosystèmes. « Les vignerons vont faire pousser des fleurs de variétés locales et des arbres à fruits. Non seulement cela va attirer les pollinisateurs et favoriser la biodiversité, mais cela leur crée aussi un deuxième revenu », explique Cécile Ha. Les champs fleuris et les vignes ramènent du tourisme alors que les fruits peuvent être transformés sur place puis vendus sous forme de délicieux produits faits maison.

Un des projets de développement durable les plus surprenants est probablement celui des nichoirs à chauve-souris. Certains vignerons vont en installer sur leur terrain afin que les mammifères volants puissent manger les insectes ravageurs. « Cela permet de réduire l’usage des pesticides dans les vignes. Une chauve-souris peut manger jusqu’à 2000 insectes par nuit », déclare Cécile Ha avec beaucoup d’enthousiasme.

Parmi les autres initiatives mises en place dans les vignes, notons l’ajout de ruches sur leur domaine et l’utilisation de moutons pour faucher les herbes dans les vignes.

Cependant, le développement durable ne peut pas s’opérer juste dans les champs. Toutes les étapes de la production doivent y participer. C’est pourquoi certains producteurs ont rénové leur chai, le lieu où se déroule la vinification des jus et où la température et le taux d’humidité doivent être scrupuleusement contrôlés, pour qu’ils soient maintenant construits en paille, un matériau naturellement isolant. Certains ont même des toits végétalisés.

Au niveau de l’emballage, Mme Ha affirme que le poids de la bouteille a réduit de 30% au cours des 10 dernières années. Cela signifie que les cargaisons de vin en direction du Québec, par exemple, sont plus légères et que leur impact carbone est plus faible. « On essaie aussi d’encourager le transport dans des boîtes de carton, plus légères et recyclables », ajoute-t-elle.

Pour ce qui est de l’aspect sociétal du développement durable, Bordeaux mise beaucoup sur la réinsertion sociale des jeunes via des organismes comme Les Vignerons du Vivant. Les jeunes sont invités dans les champs de l’un ou l’autre des châteaux du Médoc participants et apprennent le métier d’ouvrier de la vigne. Ils sont aussi éduqués sur la biodynamique, l’agroforesterie et plusieurs autres concepts du développement durable. Parce que former la relève en leur enseignant l’importance de prendre soin des sols, des vignes et des écosystèmes, c’est aussi ça, le développement durable.

Redécouvrir les jus bordelais

Maintenant, il ne reste qu’à boire ces changements et, du coup, redécouvrir complètement les vins de Bordeaux.

S’il y a quelques années, on associait les vins bordelais à des vins rouges, boisés et tannins, produits par les grands châteaux français, on peut dire que cette époque est révolue. Le vin de Bordeaux, c’est certes 85% de vins rouges, mais aussi 9% de blancs secs, 5% de vins rosés, 1,5% de crémants et 0,5% de vins blancs doux. C’est aussi une variété de cépages rouges, comme le merlot, le cabernet franc, le cabernet sauvignon, le malbec et le petit verdot, mais aussi de délicieux cépages blancs comme le sémillon muscadelle, le sauvignon gris et l’ugni blanc.

Les rouges ont été retravaillés par les vignerons, qui les élèvent moins en barrique, plus en cuves ou en amphore. Résultat? Un vin plus sur le fruit, qu’on peut boire plus jeune. Autre nouveauté? Des cuvées en monocépage, ce qui brise avec la tradition des assemblages bordelais.

Pour étancher votre soif de découverte, les vins de Bordeaux sont présents dans toutes les facettes du festival et les restaurateurs participants les proposeront en accord avec leur menu.